C’est ma nature

Amalia Achard

« Amalia Achard écrit juste et limpide. Le sentiment est là et s’oppose à bien de noirs lambeaux qui flottent sur le monde. L’amour les remplace ici et s’élève contre la haine et la désestime de certains envers les autres. […] C’est pourquoi elle transforme sa poésie en ouverture. Image et fief de la fantaisie, celle-ci reste surtout « Un goutte-à-goutte d’émotions / qui comble l’âme de quiétude (…) / Inouï
voyage pour l’esprit, / contrée d’amour et de jouissance / au large et séduisant pertuis / que l’on franchit sans résistance ». Bref, la poésie est une femme qui se donne par amour et contre les violences et les conflits qui remplissent le monde. […] Les photos qui accompagnent ses textes leur donnent une force particulière. Elles ne se limitent en rien à une illustration. Face au factice deviennent une sorte de dictionnaire visuel des fondamentaux qui animent la poétesse et la vie au plus nu. »

Jean-Paul Gavard-Perret


La fenêtre ouverte d’Amalia Achard

Avec Amalia Achard la poésie et la photographie distribuent des morceaux de lumière. Subsiste l’air qui passe et qu’on ne voit pas forcément même lorsque le paysage semble immobile.
À travers le poème l’ombre se transforme en lueur. L’accent est mis sur l’intimité, l’immanence, la présence aussi lointaine que le lointain est proche.  Amalia Achard ramène à un murmure qui bouge au fil du temps avec l’impression subtile que quelque chose est sur le point d’arriver entre la neige et le soleil. Le livre reste un soliloque en hommage à la vie. Une philosophie humaniste s’imprime à travers les phrases précises que les poèmes déroulent. Leur auteure reste celle qui jette quelques mots, les regarde s’ouvrir et ce bien avant l’heure des cendres.
Mots et images font sentir ta chaleur au sein des lieux  où rien ne bouge en dehors des actes mille fois répétés, des sensations mille fois perçues à l’identique. Le poème soudain se réduit à l’os. L’économie poétique se fait pour qu’un ordre renaisse.
C’est pourquoi la nuit la poétesse laisse la fenêtre ouverte. Elle espère que dans la pâleur blafarde de lumière de lune, le silence se fasse moins lourd et que les mots reviennent  au matin en un flux de luminescence – jadis en Roumanie, aujourd’hui à Brive. Si bien que le jour n’en finit pas à hauteur d’être et des éclats de vie.

Jean-Paul Gavard-Perret