Le joli temps des lolitas

Patryck Froissart



Entre les estaminets du Borinage, les arrière-cours humides, les vergers débordant de sève et les draps froissés des premières initiations, ce roman avance en immense coulée verbale – baroque, insolente, charnelle.
Né dans l’après-guerre, au cœur d’un monde encore noirci par les cendres, le narrateur grandit parmi les mineurs, les communistes, les buveurs de bière, les femmes plantureuses, les chansons de Brassens, les odeurs de tabac, de soupe, de sexe et de terre mouillée. Chaque souvenir est matière à célébration : la langue déborde, ricane, invente, jouit. Elle se gorge de patois, d’argot, de références historiques et de poésie païenne, comme si Rabelais, Céline, Pérec et Sade avaient décidé de traverser ensemble les corons wallons.
Mais sous la truculence, sous les énumérations ivres et les éclats de rire obscènes, perce la mélancolie d’un monde disparu, de l’enfance
irréversible, des corps aimés.
Roman de formation sensuelle, chronique populaire, fresque historique et confession jubilatoire, Le joli temps des lolitas est un livre rare :
excessif, érudit, provocateur, tendre aussi – traversé par une vitalité qui refuse obstinément de mourir.