Josselyne Chourry

Dans ce recueil traversé de forêts intérieures, d’oiseaux de passage, d’émotions et de silences, Josselyne Chourry fait de la poésie une manière d’être au monde. Ses vers naissent d’un frémissement : celui des arbres sous le vent, d’une lumière au bord de l’aube, ou encore d’une mémoire ancienne enfouie dans la terre et les saisons.
L’intime frisson d’être observe les liens invisibles qui unissent l’humain au vivant. La nature n’est pas décorative, elle respire, souffre, veille, console. Les arbres deviennent des figures tutélaires, les oiseaux des messagers, les jardins des refuges contre la brutalité du monde. Munie d’une langue sensible, nourrie d’images organiques et cosmiques, la poétesse interroge aussi la solitude, la mémoire, la disparition, mais, comme toujours dans ses écrits, avec cette foi coriace dans la beauté qui demeure. Ici la contemplation devient résistance et les poèmes déposent, au creux du lecteur, une poignée de lumière.
Format 120 x 180 mm, 74 pages N&B
Ils en parlent :
Un recueil petit format qui a tout d’un grand, il peut être emporté avec soi car il pèse léger, et sa parole ouvre un espace en soi qui rejoint une clairière dans la nature où le chant des oiseaux sur la passerelle de la lecture se régale des graines de joie que la poétesse a semées. L’intime devient une cathédrale dont les vitraux, traversés par la lumière de la poésie, nous éblouissent, quel que soit le nombre des saisons engrangées Il y a le rythme des saisons qui pulse dans ce recueil et la collection de toutes celles qui nous ont portés… avec plus ou moins de légèreté vers toujours plus de grâce.
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Carmen Pennarun
« J’aime les horizons ouverts, profonds et spacieux, lorsque le regard s’égare à trois cent soixante degrés en technicolor. J’aime les paysages qui traversent mon âme et m’envoûtent de subtiles connexions. », écrit Josselyne Chourry dans son texte liminaire.
Certes, des villes de béton paralysent des mouvements vitaux. Mais par sa pensée et sa poésie, elle entend, voit et sent l’essence de la terre et ses spectacles où les arbres sont rois : « Les chênes rêvent d’être plumes. / Les chênes offrent au soleil /leurs chevelures brunes/ juste avant la lune à l’horizon du soir ».
Preuve que, loin de « l’immonde cité » chère à Baudelaire, l’auteure la quitte et s’abandonne dans les forêts en citoyenne de sa planète et « plante des graines dans les allées de [s]a bibliothèque afin que germent des mots qui chanteront jusqu’au dernier souffle la beauté de la Terre ». Existe là l’éloge de la vie. L’auteure boit la mousse de l’aube en des jardins cachés et croquer l’écorce du jour .
Des incertitudes s’ancrent dans l’oblique des chimères, elles ont des ventre d’hermine. Josselyne Chorry prend le temps d’habiter des vallons et tremble dans l’abécédaire des conjugaisons réinventées. Sa langue cherche toujours la complicité de la nature. Son écriture maraude pas à pas, reconnaît le bruit d’une source et ses nacres.
Sur ses chemin où il n’y a pas de chemins, entre silence et tremblement, la poète mange l’absence, nuages, soleil, le début et la fin. Elle retient le chant des fugues, explore un cep qui s’abandonne, retient ses gonflements, bourgeons du désir et silence au bec corail. Et paradoxalement, elle redevient une femme puissante et puisatière.
Jean-Paul Gavard-Perret
