Smrti (Ce dont on se souvient)

Nina Živančević, auteure d’origine slave, vous convie à un périple inoubliable à travers plusieurs pays et continents.
Sa plume, imprégnée des cultures et de l’histoire des terres qu’elle arpente, tisse une narration poétique, mêlant subtilement scènes inattendues et réflexions profondes. En artiste de la mémoire, l’auteure aborde le monde avec l’insolence d’une surréaliste et la curiosité d’un anthropologue multilingue. Smrti révèle une autobiographie égalitaire et transformatrice dans son approche de l’altérité.

Nina Živančević

Nina Živančević, auteure d’origine slave, vous convie à un périple inoubliable à travers plusieurs pays et continents.
Sa plume, imprégnée des cultures et de l’histoire des terres qu’elle arpente, tisse une narration poétique, mêlant subtilement scènes inattendues et réflexions profondes. En artiste de la mémoire, l’auteure aborde le monde avec l’insolence d’une surréaliste et la curiosité d’un anthropologue multilingue. Smrti révèle une autobiographie égalitaire et transformatrice dans son approche de l’altérité. Chaque chapitre devient une singularité esthétique, créant un lien intime entre la mémoire et le rêve, une exploration des méandres du passé. Živančević nous guide avec élégance dans « le seul paysage auquel j’appartenais vraiment, le pays où vivait ma véritable famille – celle des poètes, écrivains, philosophes et artistes. Et peu importe où je vis, du moment que ces personnes font directement ou indirectement partie de moi. » Ce livre est un périple littéraire où les frontières de l’éphémère s’effacent, révélant l’essence intemporelle de l’humanité.

Format 145 x 205 mm, 246 pages N&B


Les voyages exemplaires

Nina Živanče­vić, d’origine slave, pro­pose un périple inou­bliable à tra­vers plu­sieurs pays et conti­nents. D’un ’aéro­port à l’autre et en divers entre temps où peuvent se par­ta­ger de véri­tables sen­ti­ments d’Absolu,  de Riyad à Cochin, de Kera­layeem, pour entrer en médi­ta­tion, à Allep­pey dont le temple de Shiva pro­pose de facto les rêves kar­miques de l’auteure, se suc­cèdent ensuite Kera­layeem, Djed­dah, Le Caire, Louxor , Assouan, Rome, Venise, Londres, Lima.

Les dépla­ce­ments deviennent l’initiation d’une nar­ra­tion poé­tique, épous­tou­flante. Richesses en des­crip­tions de décou­vertes sou­vent igno­rées, mais sur­tout puis­sances en réflexions mêlent l’éphémère des lieux et l’intemporel des âmes. Elles tissent un lien intime entre le passé, la mémoire et le rêve.
L’auteure a su défi­nir par­fai­te­ment son voyage exté­rieur et inté­rieur : « le seul pay­sage auquel j’appartenais vrai­ment, le pays où vivait ma véri­table famille – celle des poètes, écri­vains, phi­lo­sophes et artistes. Et peu importe où je vis, du moment que ces per­sonnes font direc­te­ment ou indi­rec­te­ment par­tie de moi. ».

Les sages et leurs écrits (Védas en par­ti­cu­lier) ont guidé son expé­rience trans­cen­dan­tale et géo­gra­phique. Sa pen­sée (entre autres sur le “bar­ba­ro­gé­nie” que cher­chèrent autant Micić que Henri Michaux) reste dépen­dante de tout esprit colo­ni­sa­teur. Michaux mais aussi Sega­len et Artaud (sans oublier encore bien d’autres comme Mora­via ou Paso­lini) sont des modèles de fameux et pré­cieux “bar­bares en Asie” et ailleurs, moins dis­cu­tables que discutants.

L’obser­va­tion de l’auteure dépasse les voyages ima­gi­naires pour nous confron­ter à ce qui advient par le Mul­tiple l’Un. Nina Živanče­vić décrit dans sa gigan­tesque ency­clo­pé­die du savoir les croyants comme les divi­sés de par­tout, là où le sen­ti­ment d’altérité innerve cette écri­ture pré­cise, élé­gante, pré­cieuse et habi­tée. Elle se confronte à tout – même par sa culture jusqu’aux man­geurs des Dieux. Mais res­tent beau­coup plus  de contem­pla­tifs au sens de la spi­ri­tua­lité extrême — même si par­fois, chez cer­tains, elle se mêle à un suprême talent pour la comptabilité…

L’auteure garde le don de l’analyse et du juge­ment modulé dans sa langue, qu’elle a pu se bâtir de lit­té­ra­tures mul­tiples osant des avant-gardistes et aussi  des textes de tra­di­tion hindi, musul­mane, chi­noise, confu­céenne, japo­naise et taoïste, et ailleurs. Œuvrant au « désem­buage » comme à la « puri­fi­ca­tion de l’esprit », elle est clair­voyante pour décrire le monde et la com­bi­nai­son de ces mou­ve­ments dans toute l’histoire et les cultures de pays issus d’une com­pré­hen­sion mys­tique de la vie et de la croyance. Elle agrège  des anec­dotes où d’étranges habi­tudes se mirent et se mettent à souffler.

Tous lec­trices et lec­teurs sont una­nimes envers une telle femme capable de bras­ser les idéo­lo­gies des temps comme de la poli­tique. Y appa­raissent les femmes elles-mêmes. Deve­nant par­fois vic­times, avec un peu de chance elles se trans­forment en lionnes et sœurs vraies — faites de la réa­lité que l’auteure a habi­tée en ses périples, séjour­nant dans bien des chambres d’hôtel de diverses qua­li­tés.
C’est ras­su­rant avec une telle guide capable de créer un  récit anthro­po­mor­phique étonnant.

Jean-Paul Gavard-Perret